Analyse musique à l’image

Actions pédagogiques

Nous proposons diverses conférences autour de la thématique de la musique et du son au cinéma :

Stéréotypes et musique au cinéma

Depuis l’émergence des sciences cognitives, le stéréotype n’est plus un concept exclusivement péjoratif, il est considéré comme un outil porteur de sens qui participe à la compréhension du récit. A travers des extraits de film, nous vérifierons comment le stéréotype fertilise avec imagination la musique au cinéma quelque soit le niveau d’excellence du film et nous nous intéresserons à analyser quelques procédés que l’on retrouve fréquemment dans le cinéma comme par exemple la marche nuptiale de Mendelssohn.

– Analyse de la musique et du son chez Stanley Kubrick, Fritz Lang…

Si le cinéma a attendu un certain temps avant de devenir sonore, il a eu besoin, dès sa naissance, de se faire entendre et alors a commencé une longue collaboration parfois houleuse mais toujours fertile avec la musique, cet autre art du mouvement. À travers quelques extraits issus de films de grands réalisateurs, on s’attachera à définir quelles sont les multiples fonctions de la musique et du son au cinéma.

– La musique dans le film noir (en complément au spectacle « Un si doux visage »)

Beaucoup de choses ont été écrites et analysées par la critique concernant le film noir. Très peu se sont intéressés au rôle de la musique. Peut-être parce que tout simplement  rien de singulier n’était à « entendre » ? Après avoir composé la musique de « Un Si Doux Visage », un film noir d’Otto Preminger, je me suis intéressé à écouter la bande son de ces films et ai cherché à analyser comment cette esthétique musicale qu’est  le Jazz allait marquer de son empreinte ce courant cinématographique.

 

EXTRAIT

Dans le cadre de la conférence « Stéréotypes et musique au cinéma », une analyse du film de François Truffaut, « La mariée était en noir ».

Julie se rend à la réception de fiançailles de sa première victime, Bliss. Elle l’attire sur le balcon, lance son écharpe qui se fixe dangereusement au montant du store. Elle invite alors Bliss à la récupérer et une fois qu’il a escaladé le garde-corps, elle le précipite  dans le vide.

Une musique « d’ambiance » presque sirupeuse accompagne cette séquence, la réception, pour soudainement s’interrompre, suivie par un silence qui suspend le temps, enfin un brouhaha, les invités, réinvestit le champ sonore, rapidement éteint, seuls les dialogues entre Julie et sa victime subsistent, puis la musique d’ambiance se fait de nouveau entendre, dont l’agogique de plus en plus forte annonce le meurtre. On entend alors une variation presque masquée de « La Marche Nuptiale » qui prolonge le cri de la victime. On remarquera l’utilisation des différents plans sonores tout au long de cette séquence permettant de créer des tensions particulièrement efficaces.

On peut alors convenir que la Marche Nuptiale va fonctionner comme un leitmotiv qui accompagnera chaque scène vengeresse et nous considérerons que l’utilisation de ce thème pourra être défini comme une norme. « Une norme existe chaque fois qu’un ensemble de lois est respectée dans un laps de temps suffisant à leur intégration mnémonique. Une norme est locale quand elle est respectée pendant une section d’une composition inférieure à la longueur de la composition. Une norme est globale si elle est respectée tout au long d’une composition ». Dans le cas étudié, on peut parler de norme globale.

Trois fonctions du stéréotype sont repérables dans cet extrait : un agent du vraisemblable, la musique d’ambiance ; l’indicateur référentiel, le thriller, lié au traitement de la musique avant le meurtre et également à la gestion du silence ; un vecteur d’assemblage, la citation de la marche nuptiale permet de se référer au contexte de Julie, de ses « noces funèbres » en contraste avec le contexte des fiançailles de Bliss.

On retrouve comme typologie du stéréotype : un indicateur socioculturel, le milieu bourgeois ; et naturellement de nouveau l’indicateur événementiel, l’autre mariage, celui qui n’aura pas lieu pour cause de « défection » du marié.